Les morses de Kapp Lee
De retour dans la chaude et sèche atmosphère de notre cocon Ocean Nova, Nathanaël et Alain se prêtent au jeu des questions-réponses faisant suite à la conférence tant attendue sur l’ours blanc et les secrets de sa biologie hautement adaptée à cet univers de la mer gelée.
Pendant le déjeuner, l’Ocean Nova continue à longer la côte nord d’Edgeoya pour se rapprocher du site de Kapp Lee où nous attendent sept gros mâles morses prélassés sur la plage de sable fin. Le vent établi à 30 nœuds soulève une mer désormais bien formée compte tenu du fetch sur lequel le vent peut donner toute l’expression de sa puissance.
Nous lançons cinq zodiacs chargés des passagers motivés par l’observation de ces « monstres » marins, dûment caparaçonnés dans leurs cirés afin d’affronter la houle de plus d’un mètre qui se creuse et commence à produire des moutons prêts à déferler sur la proue de nos vaillantes embarcations.
Accostage par le Sud dans le chaos des blocs sombres de dolérite sculptée par le vent et les glaces de ce cap qui forme la pointe nord-ouest d’Edgeoya.
L’approche sous le vent du gros tas informe installé au pied de la petite cabane octogonale de Kapp Lee nous permet d’apprécier pleinement le fumet décapant de ces masses avoisinant la tonne, se libérant généreusement des émanations corporelles issues de la digestion des montagnes de fruits de mer qui font leur quotidien...
Au-delà, sur le haut de l’immense plage de sable, les ossements blanchis de dizaines de leurs congénères nous rappellent au souvenir des temps anciens où ces animaux alimentèrent la cupidité des nations européennes et furent sacrifiés jusqu’au dernier pour l’ivoire de leurs canines géantes.
(Texte issu de notre carnet de voyage fourni en fin de croisière)
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